Une ambition présente dès 2019
En 2019, la rue Saint-Quentin figurait parmi les premières rues commerçantes rénovées du cœur de ville. La municipalité souhaitait déjà y planter des arbres. Mais sous les trottoirs, les contraintes étaient nombreuses : vestiges historiques, réseaux électriques, canalisations d’eau et d’assainissement… Impossible de garantir un espace suffisant pour le développement des racines en pleine terre. Des bacs végétalisés posés sur les trottoirs avaient donc été retenus.
Depuis, les travaux du centre-ville ont permis d’expérimenter avec succès de nouvelles solutions, notamment rue Saint-Christophe et rue du Collège. Cet automne, la rue Saint-Quentin bénéficie à son tour de ces avancées.
Des plantations adaptées au cœur de ville
La solution repose sur des bacs en acier Corten, reconnaissables à leur teinte rouille. Sans fond, ils permettent une plantation semi-hors-sol : une partie de la terre se trouve au-dessus du trottoir, tout en conservant un contact avec le sol.
Ce volume supplémentaire permet d’accueillir les arbres en tenant compte de l’encombrement souterrain. Les bacs restent suffisamment bas pour préserver la visibilité et répondre aux exigences de sécurité. Une façon de concilier végétalisation, patrimoine et usages de la rue.
3 Exemples de végétalisation rue du Collège : en pot, en pleine terre et en bac semi enterré
17 arbres plantés en décembre
Plusieurs essences viendront enrichir le paysage de la rue :
- 6 aulnes de Spaeth — Alnus spaethii ;
- 2 chênes chevelus — Quercus cerris ;
- 3 chênes verts sur tige — Quercus ilex ;
- 3 féviers d’Amérique « Sunburst » en cépée — Gleditsia triacanthos ‘Sunburst’ ;
- 3 chênes verts en cépée — Quercus ilex.
Au total, 11 arbres sur tige, avec un tronc unique, et 6 arbres en cépée, composés de plusieurs troncs depuis leur base, offriront des silhouettes variées.
Au fil de leur croissance, ils apporteront une ombre naturelle bienvenue pendant les journées chaudes et renforceront la place de la biodiversité. Pour les habitants, les visiteurs et les commerçants, c’est aussi la perspective d’une rue plus accueillante, propice à la promenade et aux achats.
L’eau de pluie au service des arbres
L’innovation se trouve aussi sous nos pieds. Un regard relie l’avaloir qui recueille les eaux de pluie de la chaussée aux bacs de plantation. Un système de drains conduit cette eau vers la terre, au plus près des racines.
La pluie devient ainsi une ressource pour les végétaux, ce qui réduit les besoins d’arrosage. Les bacs sans fond permettent également à l’eau de s’infiltrer dans le sol.
En dirigeant une partie du ruissellement vers les plantations, le dispositif limite les volumes envoyés directement dans le réseau d’eaux pluviales. Un atout particulièrement utile lors des gros orages pour réduire les risques de saturation.
Une nouvelle étape vers la cité-jardin
Redonner de la place à la terre, à l’eau et au végétal : c’est tout le sens de la désimperméabilisation engagée à Soissons. Rue des Cordeliers, place Saint-Christophe ou avenue Jean-Monnet, des noues paysagères recueillent déjà les eaux de pluie des surfaces voisines.
Rue Saint-Quentin, la solution s’adapte aux contraintes du centre historique, avec la même ambition : transformer progressivement Soissons en cité-jardin. Davantage de fraîcheur, une eau mieux utilisée, un cadre de vie embelli et des commerces valorisés : chaque aménagement contribue à préparer une ville plus agréable à vivre.
Le mot de l’élu :
Gérard D’HIVER, adjoint au maire chargé de l’environnement
Jusqu’à présent nous n’avions pas de solution permettant de planter dans les secteurs où le sous-sol est particulièrement riche. Les solutions expérimentées depuis nous permettent aujourd’hui de concrétiser cette ambition. Ces bacs sans fond, alimentés par les eaux de pluie, répondent intelligemment à nos contraintes locales. Nous déployons progressivement ce principe dans plusieurs quartiers, avec un engagement constant : faire davantage de place à la nature pour améliorer le quotidien des Soissonnais et préparer l’avenir.