Dans les coulisses d’un chantier archéologique exceptionnel

Après avoir découvert la mosaïque gallo-romaine puis exploré l'histoire fascinante du quartier Saint-Crépin, ce troisième épisode vous emmène au cœur d'une aventure humaine, scientifique et patrimoniale peu commune. Car si la découverte de la mosaïque a suscité l'émerveillement, sa préservation mobilise aujourd'hui de nombreux acteurs autour d'un objectif partagé : sauver ce témoignage exceptionnel de l'histoire de Soissons afin de pouvoir un jour le présenter au public.

Épisode 3 : Une opération née d’un partenariat exemplaire

Mise au jour à la faveur des travaux d’extension du réseau de chaleur, la mosaïque découverte boulevard Jean-Mermoz constitue un vestige rare à l’échelle des Hauts-de-France.

Dès les premières observations, la question de sa conservation s’est posée. Comment préserver une œuvre vieille de près de 2 000 ans tout en poursuivant un chantier d’aménagement majeur pour la ville ? La réponse repose sur une étroite coopération entre les services de l’État, le Département de l’Aisne et la Ville de Soissons.

Chacun intervient dans son domaine de compétence, au service d’un même projet patrimonial.

Le Service régional de l’Archéologie, rattaché au ministère de la Culture, assure ainsi le pilotage scientifique et réglementaire de l’opération. Garant de la protection du patrimoine archéologique, il a autorisé la réalisation des investigations complémentaires et validé le principe de la dépose du médaillon central de la mosaïque ainsi que de plusieurs éléments représentatifs du pavement.

Sur le terrain, le Service archéologique du Département de l’Aisne joue un rôle essentiel. Ses archéologues assurent les fouilles, les relevés, les analyses et l’étude scientifique du site. C’est notamment Johanny Lamant, archéologue du Département, qui a mis au jour cette exceptionnelle mosaïque puis obtenu l’autorisation de conduire l’opération de sondage et de préparation à la dépose.

La Ville de Soissons est quant à elle à l’origine du projet de conservation et de valorisation. Les musées de Soissons, les services techniques municipaux et les équipes de communication travaillent de concert afin de permettre la sauvegarde de cette découverte et de préparer sa future présentation au public.

Enfin, des restauratrices spécialisées dans les mosaïques antiques accompagnent les archéologues dans cette intervention particulièrement délicate. Leur expertise est indispensable pour garantir une extraction dans les meilleures conditions de conservation.

Un chantier rare dans nos régions

La découverte de la mosaïque remonte seulement à la fin du mois d’avril. Quelques semaines plus tard, les équipes étaient déjà mobilisées sur le terrain pour préparer son extraction.

Cette réactivité témoigne de l’engagement de l’ensemble des partenaires autour de ce projet exceptionnel.

Comme le souligne le conservateur régional de l’Archéologie, les mosaïques de cette qualité et de cette ampleur demeurent peu fréquentes dans les Hauts-de-France. Chaque étape est donc menée avec une attention particulière afin de préserver un maximum d’informations scientifiques.

Jusqu’à la mi-juin, les archéologues poursuivent ainsi l’étude des couches de terrain situées sous le pavement. Ces observations permettront de mieux comprendre la construction de la mosaïque, son environnement et l’histoire de la demeure romaine dont elle constituait l’un des décors.

Une nouvelle vie pour la mosaïque

Une fois déposés, les éléments conservés rejoindront le Centre de conservation et d’études archéologiques de Soissons, installé à Saint-Jean-des-Vignes.

Ils y seront protégés, étudiés, nettoyés puis restaurés avant d’intégrer le projet de valorisation porté par la Ville.

L’objectif est désormais clair : permettre aux habitants de découvrir demain cet exceptionnel témoignage de l’antique Augusta Suessionum et enrichir encore davantage les collections et le parcours d’histoire et d’archéologie du musée Saint-Léger.

Le mot de l’élu François Hanse, Maire-adjoint délégué à la Culture et au Patrimoine

« Derrière cette découverte exceptionnelle se cache une formidable aventure collective. L’État, le Département de l’Aisne, les archéologues, les restauratrices, les services municipaux et les musées travaillent main dans la main pour préserver ce patrimoine unique. Cette coopération illustre parfaitement ce que nous souhaitons pour Soissons : une ville qui se transforme, qui investit pour l’avenir avec des projets structurants comme le réseau de chaleur, tout en saisissant chaque occasion de mieux connaître, protéger et transmettre son histoire. Cette mosaïque est un héritage précieux que nous avons la responsabilité de préserver pour les générations futures. 

Retrouvez dans notre prochain épisode les femmes et les hommes qui participent chaque jour à cette aventure archéologique hors du commun.

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