Une obligation nationale à mettre en œuvre avant le 31 décembre
Dans les prochains jours, les Soissonnais verront apparaître de nouveaux marquages au sol à proximité de certains passages piétons. Des éléments de mobilier urbain, notamment des pots et jardinières, pourront également être déplacés.
Ces interventions marquent le début d’une opération qui se poursuivra progressivement jusqu’à l’hiver dans l’ensemble de la ville.
La raison ? L’application de la loi d’orientation des mobilités du 24 décembre 2019. Celle-ci impose qu’aucun emplacement de stationnement automobile ne soit aménagé sur la chaussée dans les 5 mètres situés en amont d’un passage piéton, dans le sens de circulation. L’ensemble des passages piétons doit être mis en conformité au plus tard le 31 décembre 2026.
À Soissons, cette obligation nationale entraînera la neutralisation d’environ 370 places de stationnement.
5 mètres pour mieux voir… et être mieux vu
Cette mesure répond à un véritable enjeu de sécurité routière : éviter « l’effet de masque » créé par un véhicule stationné trop près d’un passage piéton.
Le Cerema identifie en effet le stationnement comme le cas le plus fréquent d’obstacle à la visibilité aux abords des traversées, devant notamment le mobilier urbain ou la végétation. L’objectif est donc simple : renforcer la visibilité réciproque entre le piéton qui s’apprête à traverser et le conducteur qui approche du passage.
La zone 30 permet de limiter fortement l’impact à Soissons
La généralisation de la zone 30 à Soissons depuis 2023 prend ici tout son sens.
La réglementation impose dans tous les cas une neutralisation de 5 mètres. Le Cerema précise cependant que, dans les rues limitées à 50 km/h, un dégagement visuel de 10 mètres est fortement souhaitable, contre 5 mètres dans les rues à 30 km/h.
Le choix fait par la Ville d’apaiser la circulation permet donc aujourd’hui de limiter considérablement l’emprise nécessaire pour assurer une bonne visibilité aux passages piétons. À l’échelle de Soissons, un dégagement porté à 10 mètres aurait représenté plus de 700 places, contre 370 dans la configuration actuelle.
Préserver l’accessibilité du cœur de ville
Cette nouvelle obligation représente nécessairement une contrainte pour le stationnement. C’est pourquoi la Ville continuera à rechercher le meilleur équilibre possible entre sécurité des déplacements et accessibilité des commerces, des services et des logements.
Dans les projets d’aménagement réalisés ces dernières années (rues commerçantes, berges de l’Aisne…), la très grande majorité des places de stationnement a été préservée. Ce choix permet aujourd’hui à Soissons de conserver une offre importante, notamment dans les rues du cœur de ville historique et commerçant, où la rotation des véhicules est essentielle à l’activité.
La mise en conformité sera donc réalisée progressivement et de manière pragmatique, en intervenant sur les marquages mais également, lorsque cela est nécessaire, sur le mobilier urbain susceptible de réduire la visibilité.
Le mot d’Émilien Faucon, adjoint au Maire chargé de la mobilité, de la sécurité routière et de l’accessibilité
« Nous devons appliquer cette obligation nationale, qui aura nécessairement un impact sur le stationnement. Notre responsabilité est de le faire avec bon sens, en conciliant deux priorités : mieux protéger les piétons, en particulier les plus vulnérables, et préserver autant que possible l’accessibilité de notre ville et de ses commerces.
Le passage de Soissons en zone 30 participe pleinement à cet équilibre : une circulation plus apaisée, davantage de sécurité et un impact maîtrisé sur le stationnement. »