Soissons ne cesse de dévoiler son histoire… parfois là où on ne l’attend pas. Lors des travaux actuellement en cours rue Paul Deviolaine, une base de colonne antique, vraisemblablement liée à un ancien temple, a été découverte à quelques mètres sous nos pieds.
Ce vestige fait aujourd’hui l’objet d’analyses approfondies par les équipes de l’INRAP (Institut national de recherches archéologiques préventives), mobilisées afin de mieux comprendre la nature, la datation et le contexte de cette découverte exceptionnelle. Les premières observations confirment toutefois l’importance patrimoniale de cet élément, qui témoigne une nouvelle fois de la profondeur historique du quartier Saint-Crépin.
Les archéologues n’excluent d’ailleurs pas que d’autres vestiges puissent être mis au jour au fil de l’avancée des fouilles. Une hypothèse tout à fait plausible dans ce secteur de la ville, connu pour la richesse et la densité de son sous-sol archéologique.


Cette découverte symbolise pleinement l’identité du quartier Saint-Crépin, véritable livre d’histoire à ciel ouvert — ou plutôt, à ciel couvert. Dans une ville aussi chargée d’histoire que Soissons, les travaux d’aménagement peuvent parfois nécessiter des délais supplémentaires, précisément en raison de la nature exceptionnellement riche de notre sous-sol. Une réalité valable dans toute la ville, mais plus encore dans ce quartier emblématique.
Ce n’est d’ailleurs pas la première fois que Saint-Crépin révèle ses trésors. À deux pas de la découverte actuelle, dans les années 1980, la création de l’annexe du lycée Gérard-de-Nerval avait déjà permis la mise au jour d’une villa romaine remarquablement bien conservée. Ces fouilles ont notamment servi de base à la création du Centre d’Etudes des Peintures Murales Romaines, aujourd’hui installé à l’abbaye Saint-Jean-des-Vignes.
D’autres découvertes majeures ont jalonné l’histoire récente du quartier : à l’angle des rues Ribot et de Stonne, ou encore lors des démolitions de l’îlot de l’Opal dans le cadre du programme de rénovation urbaine, où tout un quartier marchand antique avait été révélé à seulement quelques centimètres sous la surface.
La Ville étudie actuellement, en lien avec l’INRAP et sous réserve des autorisations nécessaires, la possibilité de valoriser ce nouveau vestige et, à terme, de le rendre visible au public. Une manière de partager ce patrimoine commun et de rappeler que Soissons continue d’écrire son histoire… en la découvrant.